WINE IN PARIS

Pour tous les amoureux du vin qui sont sans cesse à la recherche de bonnes adresses pour remplir leur verre et partager leur passion

26 décembre 2011

Pamela Diplomatico

Comme elle prude, comme elle est conventionnelle… Candide, fausse ingénue libertine… C’est insensé comme elle me fatigue.

Oups… Toutes mes excuses, je me présente. Je suis Pamela. Je suis pulpeuse aux lèvres sulfureuses. J’ai les cheveux en bataille, une mouche qui fait mouche sur le bas de la joue, les lolos et le popo rebondi de Pamela Popo.

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En réalité, je suis le Ça de Paloma. Je joue avec la dualité de sa personnalité. Je me ris de sa feinte coquetterie. Je transgresse ses propres règles.  J’ose et je dispose…  En un mot, je m’amuse follement.

J’ai profité de cette soirée calme, aux allures de dîner bien rangé pour faire mon apparition. Dans un lieu à la déco très rococo, à l’abri d’une bibliothèque bien garnie, je me réjouis de la voir, sagement cachée derrière ses grandes lunettes, déguster avec parcimonie, ses ravioles de champignon bien charnues.

Elle boit les paroles de celui qui lui dit, qu’il se verrait changer le monde si seulement demain lui en laissait le temps. Elle rêve de cette douce utopie, et ils dessinent à eux deux un monde qui n’existe pas.

Elle trempe alors ses lèvres dans un Grand Puy Lacoste 2001, et je profite sans hésiter de cette pulsion, violemment provoquée par les arômes corsés, notes torréfiées et ensemble équilibré du Pauillac, pour m’échapper sans scrupule de cette carcasse étriquée.

 Il faut que la transformation se fasse avec subtilité, ne rien laisser transparaitre. J’ôte d’abord ces bésicles qui m’empêchent de battre des cils avec sensualité. Je déboutonne le col de ce chemisier qui me serre, pour laisser deviner la naissance de la poitrine. Je m’empreigne de l’endroit et du personnage qui me fait face, en sirotant religieusement le cru qui emplit mon verre.

Mais… lorsque il est temps de songer au digestif, j’enlève d’un coup sec les épingles qui retiennent ma chevelure puis j’y plonge sauvagement mes mains avant de les laisser glisser sensuellement le long ma nuque… avant d’ajouter : « pour moi, ce sera un Ron Diplomatico s’il vous plait ».

Moelleux, fruité, caramélisé, je me laisse enivrer par son boisé, et ses épices presque aphrodisiaques. Le Rhum me rend folle. D’une gorgée, j’expédie le Surmoi aux antipodes. Je suis revigorée, l’endroit prend toute sa dimension Gainsbarre… Ce verre ne sera qu’un prélude. Etes-vous prêts pour une soirée mémorable ?

 

Pamela Popo

15 rue François Miron – 75004 Paris

01 42 74 14 65

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05 décembre 2011

Un trait de sauge

« Nous sommes tous des ratés du rêve ». Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Romain Gary, et d’ailleurs, je le trouve incisivement abrupte sur ce coup-là. Peut-être avons-nous des rêves que ne sont que trop irréalisables. Des rêves d’immensité, inatteignables. Peut-être…

Alors, rêvons donc avec raison pour lui donner tort. Rêvons de faisabilité et de concret. Pour moi, c’est simple, je rêve d’aller chez Frenchie. C’est idiot, car c’est tout juste à quelques rues de chez moi et il m’a fallu attendre cette amie aux pulls toujours bariolés et excentriques, pour franchir le seuil de l’endroit rêvé et réserver cette table utopique. Utopique... J’exagère. Néanmoins, il faut imaginer pouvoir s’armer de patience car deux mois devront s’écouler avant le dit rendez-vous.

Soixante nuits ont vu le jour et me voilà en train de me préparer. Un trait d’eye-liner, un trait d’humour et, intraitablement apprêtée, je file retrouver mes trois amies. J’ai le ventre creux, j’ai même refusé le tout petit chocolat qui accompagne le café du déjeuner. C’est pour dire comme ces semaines ont été longues et comme la préparation est primordiale.

sauge

Avec les filles nous planons. Le menu est tout aussi canonique que le type de la table d’à côté. Le rêve. Truite marinée ou ravioles d'escargot ? Noix de Saint-Jacques au chorizo ou agneau aux lentilles ? Tarte au chocolat et au lard ou panacotta à la sauge ? Grégory Marchand se surpasse, nous le guettons du coin de l’œil à travers la petite lucarne de la cuisine.

Indécises que nous sommes ! Que choisir ? Le serveur nous guide. Lui, il sait. Tous les plats sont habilement distribués sur la table car il n’est pas question de manquer une découverte culinaire.
Quant au vin, nous commençons par un Cheverny d'Hervé Villemade, pour continuer sur un Saumur de Thierry Germain. Le premier, nature, fruité et croquant nous caresse vivement l’intérieur des joues. Le second profond, sur les fruits blancs presque exotiques est d’une longueur hallucinante. C’est insensé comme la Loire, minérale, nous fusille.

Cependant, il s’agit plus de vernis que Cheverny dans nos futiles discussions et nos encombrants éclats de rire donnent finalement un air aérien à l’endroit, dans lequel on se sent étroitement bien. Les verres s’enchaînent et je vois la fille qui partage le dîner du type canonique s’éclipser. Cela donne des idées pressantes à ma voisine. Je me décale alors, aérodynamique sur la banquette, pour la laisser passer. Cet amusant jeu de chaises musicales me place par hasard en face de ce grand blond aux yeux bleus qui me jette à la figure sa classe folle. Si nous avions ouvert une troisième bouteille, je lui aurais sans doute effleuré la jambe du bout de mon pied… mais, le rêve s’arrête, la fille revient, il baisse les yeux et moi, je regagne ma place.

Je me retrouve ainsi nez à nez avec une panacotta à la sauge. Etonnante, subtile… Puis, le chef sort de son antre, nous le alpaguons, chacune y allant de son petit commentaire. « L’agneau était divin…. cette  chips de chorizo… que dire de ces ravioles si ce n’est que c’était merveilleux… »  Le tout clôturé par la fille aux pulls bariolés qui précise avec un air médical : « pour la panacotta, si cela ne tenait qu’à moi, j’aurais ajouté un trait de sauge … ».  Je pouffe.  Le type des chaises musicales aussi. Je repouffe. Le  type des chaises musicales aussi… mais pas sa compagne.

Alors, Gary avait-il raison ? Il ne faut pas rêver, le chef ne rajoutera pas un trait de sauge dans sa panacotta et le type d’à côté ne partira pas avec moi …  Mais cette soirée mémorable ?  Concrète, elle est faisable, il nous faudra simplement attendre plus d’un millier d’heures pour la rêver à nouveau.


Frenchie

5, rue du Nil  75002 Paris
01 40 39 96 19

 

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27 novembre 2011

Echasses et Echezeaux

« Pas de nouvelle, bonne nouvelle » : Optimisme.

« Pas de nouvelle… pas de nouvelle » : Pragmatisme.

Et, dans certaines histoires, le pragmatisme est bien plus à propos, à mon grand dam.

J’étais certaine qu’il appellerait. Les yeux brillants, les mains prêtent à bondir sur mon téléphone. J’étais certaine qu’il enverrait ne serait-ce qu’un texto ridiculement bref. Mais rien. Le néant. Mon optimisme biaisé me dicte de rassurantes réponses : il n’a pas écrit parce qu’il n’avait pas le temps, il n’a pas écrit parce qu’il était trop intimidé… ou bien… il n’a pas écrit car il était dans l’avion, car son portable n’avait plus de batterie, parce qu’on lui a volé mon numéro, parce qu’il s’est fait enlever par une tribu de nains révolutionnaires

Quoi ? On ne sait jamais ? Mais le temps est venu d’arrêter de lui trouver des excuses saugrenues et d’ouvrir mes yeux d’aveugle énamourée : il n’a pas écrit parce qu’il n’avait pas envie. « Pas de nouvelle… pas de nouvelle ». Un point c’est tout.

Cette évidence a un goût amer. Je rumine. Et ruminer ne met personne à son avantage car prendre un air bovin n’a jamais fait revenir un homme. Je change donc de perspective pour retrouver le sourire. Je fais fi de cet homme-là ! Il peut bien se dépatouiller tranquillement avec ses nains et son portable déchargé, ce soir je vais au gala des sommeliers.*

Je sens que je vais tomber dans une démesure scintillante…  J’enfile ma robe, que j’épingle habilement pour la cintrer légèrement, je sors religieusement, presque comme si j’avais affaire au Saint Sacrement, ma (seule et unique) paire de Jimmy Choo. Après l'avoir longuement observée, je faufile enfin mes pieds dans ces magnifiques échasses.

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Je suis maintenant suffisamment chic, et suffisamment grande pour me présenter chez Frédéric Anton, au Pré Catelan, et commencer à rêver… L’entrée en matière se fait avec une dégustation des cuvées Blanc de Blancs des plus grandes maisons de Champagne où Delamotte, Ruinart et Billecart tirent leur épingle du jeu.

Ensuite, tout devient féérique. Les prouesses de Frédéric nous bluffent. Coquilles Saint-Jacques grillées, petit oignon nouveau, raviole de homard, caviar, jarret de veau, fromages affinées. De la finesse à chaque bouchée ! Je me dandine discrètement sur ma chaise… peut-être n’aurais-je pas dû cintrer autant ma robe.

Les bouteilles se suivent, toutes plus subliment les unes que les autres, d’un saké au riz ultra poli, en passant par les joyaux des maisons Mann en Alsace, Perrin à Châteauneuf et j’en passe, tout n’est que merveille.

L’avantage d’être à un gala de sommeliers, c’est que l’on a tout intérêt à observer et écouter, personne ne vous demande d’avoir l’air de vous y connaître. Il s’agit d’acquiescer avec grâce lorsque Olivier Poussier vous présente le vin japonais (et oui !) qui va vous être servi. Un exercice difficile, lorsque la sadique épingle qui cintre votre robe s’amuse à vous piquer le haut des reins.

Puis, chacun retient son souffle. Les serveurs voguent entre les tables, avec au bout de leur bras une bouteille d’Echezaux 2000 du Domaine de la Romanée-Conti. A cet instant je me dis que je suis vraiment très bien dans mes pompes. Mon visage survole le verre pour y attraper les senteurs qui se dégagent. J’ose à peine tremper mes lèvres dans le sublime Pinot Noir… Et si cela ne me faisait rien ?  

Mes craintes sont vite balayées, je me délecte en découvrant ce rare joyau... Ca ne se raconte pas... Ainsi, j’oublie l’homme aux nains révoltés… certes, pas de nouvelle, pas de nouvelle…  mais à belles échasses, bel Echezeaux.

Pré Catelan 

Route Suresnes
Bois de Boulogne - 75016 Paris
01 44 14 41 14


* Cette histoire est racontée à posteriori, le gala ayant eu lieu le 9 octobre.

 

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09 novembre 2011

Un ami qui ne vous veut (pas) que du bien

«  Il y a ce type… Je ne sais pas comment dire… Il est … Il est… Il est canon. Mais, sincèrement, je n’ose pas. A coup sûr, il ne lèvera même pas les yeux sur moi. Alors déjà qu’il pleut, que mon évier fuit et que je n’ai plus un rond… Je vais m’épargner cette humiliation, ce petit choc à l’amour propre qui finirait de m’achever. Tu comprends ? »

Règle de base : Ne jamais, au grand jamais, faire part de vos états d’âme à un ami. Encore moins si ce dernier a gagné la médaille d’or de filouterie et surtout pas quand vous êtes installés autour d’une bouteille de (mauvaise) vodka.

Les verres à shot s’empilent, ma raison se trouble et il me semble que l’atmosphère devient kafkaïenne… Je fixe avec incrédulité mon compère et, au rythme du niveau de la bouteille qui dégringole,  des cornes lui poussent, une longue queue fourchue lui apparait… Il se revêt de rouge, ses yeux s’enflamment… Satan est en face de moi. En un clin d’œil, il se jette sur mon épaule et me susurre à l’oreille… « Ecriiis-luii…. Ecriiiss-luiiiii »  avec une voix d’outre-tombe. Comme possédés, mes doigts parcourent follement le clavier de mon téléphone, et le message, hallucinant d’imbécilité, m’échappe et s’envole…

diable

Le lendemain, devant ma mine dépitée, gueule blafarde et teint de bois, c’est le même ami qui me propose de le suivre à son dîner de copains pour oublier mes tristes mésaventures. Je me dis que normalement, un ami ne vous veut que du bien, alors, sereine, je lui emboîte le pas.

Règle de base : Ne jamais, au grand jamais, suivre un ami à un dîner. Encore moins si ce dernier a, semble-t-il, la sensation d’avoir gagné la super cagnotte du loto et surtout pas quand vous êtes épouvantablement fauchée.

Les nappes sont d’une blancheur immaculée, les verres d’une transparence cristalline et, l’espace d’un instant, je sentirais presque une vague de bien-être me parcourir entre deux éclats de rire partagés. Mais, tout à coup, mon sang ne fait qu’un tour. Je regarde mon cher ami qui parcourt avec intérêt l’immense carte des vins qu’il a entre les mains. Au fur et à mesure que les pages glissent entre ses doigts, des cornes lui poussent, une longue queue fourchue lui apparait… Et vous imaginez la suite.

Démoniaque, il fait défiler avec frénésie les bouteilles sur la table comme si la carte des vins, écritures sataniques, le lui avait dicté.  Je vois alors la silhouette amaigrie de mon portefeuille me faire de grands gestes désespérés. Accablé, il me hurle de toutes ses forces que cet ami veut ma perte !

Mais, quand je réalise que m’apprête à déguster un Saumur Champigny du Clos Rougeard, le domaine mythique de la vallée de la Loire qui vous réconcilie avec le Cabernet Franc, je me dis que finalement non, il ne me veut pas QUE du mal. Et quand je vois que la bouteille qui suit n’est autre que la cuvée Jadis de Léon Barral, ce Faugères incroyablement équilibré, gourmand et d’une grande élégance, je me dis qu’en fin de compte, il ne me veut pas de mal du tout. Les rognons, frétillant dans mon assiette, acquiescent et applaudissent. 

A la fin du dîner, je tourne définitivement le dos à mon portefeuille, je sirote un verre de Rivesaltes Ambré 2002 du Domaine des Chênes, puis… je sens une vibration dans ma poche… Incroyable ! Le type canon m’a répondu ! Je jette un regard complice à mon diablotin. En fin de compte, heureusement que vos amis ne vous veulent (pas) que du bien.

 

Le Villaret

13 Rue Ternaux 75011 Paris - 01 43 57 89 76

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16 octobre 2011

Une peur noire du noir

Année 1991, une froide nuit d’hiver à la campagne. On entend simplement le méthodique et régulier tintement des aiguilles de la grande horloge du salon. Les parents sont partis… Et, seuls, nous nous livrons à un cache-cache vespéral, qui déjà maintient sous tension nos esprits enfantins.

Je suis le chat. J’ai la trouille. Je n’aime pas être le chat. Je crois entendre du bruit là, en bas, dans la cave. Tapie contre le mur, dans cette obscurité dense et écrasante, je descends une à une les grandes marches glissantes et aiguisées. Plus, je me rapproche de cette sombre humidité, plus l’allure des battements de mon cœur s’accélère. Puis, un cri ! Quelque chose ou bien quelqu’un fond sur moi en un quart de seconde et mon sang ne fait qu’un tour ! Je suis figée. Terrorisée à vie par une mauvaise blague d’un cousin taquin.

A cette instant précis, je n’ai qu’une certitude : il n’est pas encore né celui qui me fera descendre de nouveau au fond d’une cave. Et pourtant ! Il y en a qui ont essayé... Adrien le premier, affirmant détenir une incroyable collection de timbres sous scellés (centres d’intérêt divergents manifestement). Jacques ensuite, prétextant avoir découvert un souterrain historique (envie évidente de  s’essayer à l’art du pelotage nocture…). François, qui avait avoué, la tête sur l’oreiller avoir caché un corps encore chaud dans un coffre en bois (Psychopathe avéré… surtout, fuir !)

escalier sombre

Bref, les caves avaient été rayées de ma sphère, bannies de mon monde jusqu’à ce fameux jour de septembre…

Il faut dire qu’il y a des caves qui dégagent une tout autre aura, des caves si chargées d’émotions, que malgré la fraicheur ambiante, le rouge vous monte aux joues. Alors oui, ce jour-là, j’ai réussi à surmonter cette peur noire du noir.

Tout a commencé par une invitation. Cette fois-ci, on ne me promettait pas un cadavre décrépi ni un souterrain de la 1ère guerre mondiale… mais bien un véritable trésor de rareté. C’est ainsi que, vaillante et décidée, j’ai fait mes premiers pas dans la cave du George V.

Après avoir traversé un dédale de couloirs, frôlé de prêt les amuse-bouches concoctés par Eric Briffard et d’ailleurs, avoir frôlé Eric Briffard lui même - « Bonjour Chef » murmure-t-elle des étoiles dans les yeux –, nous arrivons enfin.

C’est féerique. Des milliers de bouteilles fières et muettes, vous font face avec grâce. Est-ce ce mur de Pétrus, ces caisses de Salon ou encore ses étagères de Chevalier-Montrachet ? Je crois que je ne sais plus vraiment où j’habite ! Heureusement, les deux fous du vins qui m’accompagnent, figures de réalité, me rappellent que nous ne sommes pas dans un rêve.

C’est alors que celui qui a façonné cet endroit entre scène. Eric Beaumard, jovial et souriant, nous accueille sur ses terres. Il nous raconte sa cave, ses vins, ses anecdotes et nous, comme des enfants, nous écoutons avec un petit sourire niais collé sur le visage. Chacun sa star me direz-vous ! Il y en a bien qui font la queue pour apercevoir Madonna devant son hôtel, nous, c’est ce sommelier hors du commun qui nous subjugue.

Le cordon des bulles d’un Champagne que je ne connaissais pas se tortille dans mon verre, comme s’il était aussi émoustillé que moi. J’en avale une gorgée pour palper de nouveau la réalité. Finalement, je m’aperçois que j’ai bien plus peur de sortir une énorme ânerie, que ma langue ne fourche ou d’avoir un bout da salade coincé entre les dents, que de cette obscurité qui m’enrobe.

J’essaye de vivre cet instant à 1000% et concentrée, j’écoute cet apatride du vin qui n’appartient à aucun vignoble. Je comprends qu’en fin de compte, sa patrie à lui, c’est sa cave. Soudain, je n’ai plus peur du noir. Tout s'éclaire! Moi aussi je suis une apatride du vin, je n'ai pas de passé, pas d'attaches... Il ne me reste qu’à construire ma patrie à moi, une cave qui sera à mon image, mais, je tricherai sans doute un peu en y mettant des néons rouges car je n’oublierai jamais cette nuit terrifiante de l’année 1991.

 

Four Seasons Hotel Georges V

31 avenue Georges V 75008 Paris

01 49 52 70 00

  

Message destiné à Adrien, Jacques ou François : Je n’ai jamais cru ni à votre collection de timbres, ni à votre souterrain et encore moins à votre sombre histoire de meutre…

 image : http://www.lumieres-du-monde.com/

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26 septembre 2011

Vins et Petites Contrariétés #3

 

Episode3 

petite contrariété

« Ne m’en veux pas pour hier. Simplement, je crois qu’au fond de moi, je suis encore amoureuse d’Etienne » [ Envoyer] [ OK ]

ME*** ! Non ! Qui a le droit d’être aussi gourde ! Comment ais-je pu envoyer ce SMS à…. Etienne !

Humiliation, mortification, disgrâce! Peu à peu s’écrit dans ma tête un métaphorique script qui met en scène ma pauvre personne creusant à coup de pelle sa propre tombe. 

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 De toute évidence, un simple verre de vin ne suffira pas à effacer une telle atteinte à l’amour propre. Il me faut quelque chose de fort, d’envoûtant, de réparateur. Mais pour autant, j’ai besoin de fruit, de chaleur, de talent. Qui pourrait m’offrir un tel moment de rédemption ?

Penchons pour un Rhum… mais pas n’importe lequel. Celui élaboré par Gianni Capovilla, maître incontesté de la distillation. Un Rhum agricole riche, généreux, fruité et légèrement épicé… Du bout de la langue, promenez une goutte sur les parois de votre bouche, ça y est, vous êtes prêts pour la première gorgée. Comme par magie, que tout devienne indolore avec ce nectar incolore.

Rhum Rhum - PMG

La Maison du Whisky

Carrefour de l’Odéon – 75006 Paris

 

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15 septembre 2011

Une odeur surnaturelle

Un livre d’odeurs ! En voilà une idée bien sentie. Car, s’il existe des livres de mots et des livres d’images, qu’en est-il des livres d’odeurs ?

Si j’étais écrivain de senteurs, je consacrerais sans doute un chapitre aux odeurs que j’aime. Le café fumant du petit matin, le gâteau au chocolat frémissant dans le four, l’effluve dégagée par les pages d’un livre vieilli. J’envisagerais sans hésiter un chapitre sur les odeurs de peau, la peau tout juste dorée par le soleil, la peau des bébés, la peau de l’être aimé. Il  y aurait certainement aussi une poignée de pages sur les odeurs qui empestent, la fosse à purin, l’usine à sucre… entre autres choses.

Cependant, une récente expérience me fait dire qu’il faudrait également dédier quelques paragraphes aux odeurs surnaturelles.

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Cela remonte à jeudi soir dernier. Tout commence par une curiosité, celle de découvrir le nouveau bar à vin parisien, revu et corrigé à la manière d’un bar à cocktail*. Ambiance tamisée, cosy, trendy. New Yorkais, mais pas trop. Juste ce qu’il faut pour qu’on ait envie de revenir.

Accoudée au bar, je converse activement avec ma piquante blonde platine, lorsqu’un type chevelu s’avance vers nous. Plus la distance qui nous sépare s’aménuise, moins je sais si l’odeur que je perçois se rapproche de celle d’un déododorant périmé ou bien d’une laque avariée. Certes, tout le monde ne peut pas prétendre être Jean Baptiste Grenouille**, mais dans notre cas, nul besoin d’être doté d’un talent hors du commun pour ressentir un léger picotement à la racine du nez.

Bien campées sur notre tabouret, nous affichons une feinte timidité pour que l’envie lui passe de nous faire la conversation. Proche comme il est, les senteurs infectes deviennent d’une évidence grossière et je cherche coûte que coûte une échappatoire. C’est tout trouvé ! Je plonge mon nez dans le verre de Puligny-Montrachet du Domaine Louis Carillon que je faisais tournoyer quelques minutes auparavant et… enfin, me voilà sauvée ! Le vin s’est ouvert pour laisser libre cours à l’imagination de ses arômes. Du fruit, des fleurs et un fin boisé.  C’est pur, c’est rond et gras avec toujours, un joli support acide.

A nous voir omnubilées par le liquide jaune brillant, le type chevelu s’enfuit. Je regarde mon amie avec un petit sourire en coin. Je crois bien qu’on se comprend… «  Tu savais toi, qu’il y avait une date de péremption sur le déo ? »

Mauvaises, nous sommes mauvaises. Pour noyer notre méchanceté, un autre verre s’impose. A vue de nez, la sélection fait plutôt rêver, accessible pour les petits budgets, flamboyante pour les gros, avec quelques pointures qui font tressaillir, comme Dagueneau, Coche-Dury et que sais-je encore…

Je m’apprête à faire mon choix, mais c’est alors que je crois flancher…. Un parfum, enivrant, séduisant…. Une déclaration, un délice ! Je me retourne et je vois ce jeune homme qui n’est pas vraiment beau mais qui dégage quelque chose d’indicible. Cette fois-ci c’est totalement surnaturel… Passer d’un hirsute nauséabond à un appolon parfumé….

[Quelques secondes de silence]

 Au fait, je vous ai parlé de mon chapitre sur l’odeur de l’homme-vraiment-très-sexy ?

 

La Compagnie des Vins Surnaturels

7 rue Lobineau 75006 Paris   -   09 54 90 20 20

 

*La Compagnie des Vins Surnaturels est un projet à l’initiative des propriétaires de l’Expérimental (lire ici), du Prescription (lire ici) et du Curio Parlor

** Jean-Baptiste Grenouille est le héros (anti-héros ?) du livre Le Parfum de Patrick Süskind

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11 septembre 2011

Vins et Petites Contrariétés #2

episode 2

  
petite contrariété

Péniblement, j’ouvre un œil… Quelle est cette douce torpeur dans laquelle je me suis évanouie ? Je m’extirpe avec regret de mon transat en tissu et, encore abrutie par le soleil, j’entre dans la maison pour me jeter sous une douche salvatrice. Mais, mon T-shirt à peine ôté, je réalise…

Auriez-vous pensé que le soleil de septembre pouvait être aussi barbare ? Et bien si. La marque en forme de V d’un rouge vif et éclatant, cette vile brûlure sur mon décolleté, en est la preuve. Le résultat est affreux, et, pour couronner le tout, j’ai prévu une magnifique robe bustier pour le mariage du week-end prochain. Voilà qui promet d’être haut en couleur !

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Alors, oui, je suis rosée. Rosée et rôtie. Je fais donc concorder mon apparence rougie avec un vin aux pâles reflets saumonés. De délicats fruits rouges, une légère touche acidulée, une pointe de litchi et un très joli équilibre. De toute évidence, ce Coteaux d’Aix-en-Provence est un parfait remède, qui contrebalance avec sa fraicheur enivrante, mon obscène  brûlure.

 

Château Pigoudet - Coteaux d'Aix-en-Provence

Comptoir des Vignes

8 rue Brochant – 75 017 Paris

 

 

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05 septembre 2011

Vins et Petites Contrariétés #1

La vie de tous les jours est constellée de petites contrariétés, ces petits ennuis, bénins certes, mais qui n’en restent pas moins agaçants.
Pour faire face, retrouver une sensation de « zénitude », et éviter de bouillir dans leur for intérieur, certains fument 50 clopes dans la journée, d’autres avalent des tas des granules homéopathiques, des pilules aux plantes ou que sais-je encore (un petite lexomil ?) et il y a les derniers, ceux-là qui attendent sagement le soir pour oublier les légers tracas quotidiens autour d’un verre de vin.

episode 1
  
  
petite contrariété

Ce soir, c’est MON soir. J’ai un cavalier d’enfer et des chaussures du tonnerre. Seul un accessoire manque à ma tenue pour qu’elle soit diablement sexy. In extremis, je file au Monoprix acheter de jolis bas en dentelle qui donneront une allure galbée à ma gambette et rendront fou mon bel Apollon, si d’aventure sa main se met à effleurer ma cuisse…

Je me débarrasse de la petite enveloppe de plastique et… Stupeur ! Je me retrouve nez à nez avec une paire de mi-bas de ménagère. Achat trop rapide ? Acte manqué ? Néanmoins, une foutue erreur qui me vaudra d’exhiber un mollet nu comme un vers aux invités de cette soirée branchée.

Dépitée, dans un soupir je murmure… « Adieu jambes enchanteresses ! »


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Demain, il faudra oublier cette médiocre apparition, prendre de la hauteur et retrouver son capital séduction. Rien de tel qu’une bulle fine et onctueuse pour l’attitude ensorceleuse, une délicate vinosité pour un jeu de jambe chaloupé, une belle élégance et une finesse étonnante pour un port de tête affirmé. Cette soirée-là sera Extra. Aussi Extra Dry que la cuvée Brut Majeur de la maison Ayala et son minime dosage, pour une palpable sensation de plénitude.


Ayala Brut Majeur

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Foire aux Vins MONOPRIX
Vendredi 9 septembre : 2 bouteilles achetées = 1 offerte.

Cela vous laissera un petit pécule pour investir dans des bas… mais des vrais cette fois !

 

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07 août 2011

L’huître et la chocolatine

L’écervelée et la gourmande, l’objet du désir d’un week-end  du 14 juillet pluvieux.

 La gourmande, goulue et affamée, s’entortille chaudement autour d’un bâtonnet de chocolat. Elle le camoufle jalousement d’un feuilleté jaune doré pour empêcher quiconque d’approcher son précieux butin. L’écervelé, tête en l’air, ne pense à rien. Elle a beau prendre un air salin pour vous narguer, iodée comme elle est, il en faudra plus pour vous tromper.

Mais nous ne sommes pas nées de la dernière pluie ! A d’autres mesdames ! Entre les pins du Ferret, nous finirons bien par vous trouver…

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 Pourtant habilement, elles cherchent à nous semer. D’abord dans le brouhaha populaire d’un marché d’été, autour d’un verre de Gris blanc de chez Gérard Bertrand. Accoudées au comptoir, nous trempons nos lèvres dans ce vin surprenant à la robe si pâle qu’il est pénible à croire qu’il s agit bien là d’un rosé. Accompagné de quelques tapas grignotées sur le pouce, le ballon de ce pur Grenache Blanc, aussi gris que les cumulus qui nous surplombent se laisse boire sans trop de difficultés. "Hep garçon! La même chose s’il vous plait!"
On en viendrait presque à perdre le cap et abandonner la poursuite de nos deux fugitives. Et ce qui devait arriver arriva... Le serveur était mignon, la tête nous tourne, et on oublie.

Dépitées de s’être fait si facilement flouées, nous sommes bien décidées à ne pas les laisser s’échapper une seconde fois. Mais pas question de lésiner sur la soirée. La côtelette d’agneau craque divinement sous la dent, et le Domaine de Chevalier, animal, puissant et fruité en bon Pessac-Léognan, affiche son millésime caniculaire pour réchauffer délicatement.  Des ailes nous poussent et, malgré le vent et la pluie, l’envie de sortir se fait sentir. Ce sera donc, immanquablement, un détour par le Sail Fish, car il faut tester les endroits prisés de la pointe au moins une fois dans la saison. Qui sait, si ça avait changé ? Adossées au bar, on observe, on rit et on boit quelques bulles qui nous montent joyeusement à la tête. Et ce qui devait arriver arriva... Le serveur était mignon, la tête nous tourne, et on oublie.

Assez! Je finirais par croire que ce sont nous, les gourmandes écervelées! Elles devraient pourtant être faciles à débusquer ces deux malines… Pour la dernière fois, le plan est tout tracé. Un petit déjeuner matinal chez Frédélian, et voilà que la gourmande chocolatine est attrapée, tiède et croquante à la fois. Un apéritif chez Degrave, les pieds quasi dans l'eau, et voici que l’huitre écervelée est avalée, fraiche et charnue, une perle comme on aime.

Pour savourer les délicieux crustacés, nous buvons à petites gorgées le Château Graville-Lacoste, un Graves blanc savamment vinifié par Hervé Dubourdieu.  Un premier verre pour fêter notre victoire, un autre pour effacer les nuages qui planent au dessus de notre tête...  Le désir est enfin assouvi mais la pluie n’a pas faibli. Le serveur est il mignon? Je ne sais pas, je suis écervelée et gourmande, la tête me tourne et puis j oublie.

 

Note pour mes deux compagnes de chasse : vous êtes sans aucun doute gourmandes… mais loin d’être écervelées !

Posté par WINEinPARIS à 17:07 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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