WINE IN PARIS

Pour tous les amoureux du vin qui sont sans cesse à la recherche de bonnes adresses pour remplir leur verre et partager leur passion

13 juin 2012

WINE IN PARIS FAIT PEAU NEUVE !

Retrouvez les dernières aventures de wine in paris sur...  www.wineinparis.fr 

Ou cliquez sur l'image ci-dessous : 

logo-paloma

 


 

 

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07 mai 2012

Coup de cœur pour son Jules

Un temps moribond gangrène Paris et le ciel n'est plus qu'un interminable ruissellement. Pas le moindre lambeau de bleu azur, seule la perspective d'un rayon de soleil nous met du baume au cœur : la rencontre tant attendue du nouveau Jules de notre meilleure amie Gabrielle .

C'est piquant de curiosité car pour le moment, ce n'est encore qu'un illustre inconnu. Ce que l'on sait: il s'appelle Oscar, il aime l'odeur des bougies au musc (bizarre) et il est, paraît-il, très drôle (indispensable).

Il faut dire que pour les trois autres jeunes femmes que nous sommes, l'heure n'est pas à la roucoulade. Engoncées dans nos jeans à attendre que la saison des salades et du gaspacho cesse d’être un mirage inatteignable, nous regardons d'un œil morne ce portable qui ne tintinnabule plus beaucoup. À croire que les "mâles" de notre génération ont déserté Paris, comme des félins par horreur de la pluie.

 Assises dans cette chatoyante cave à manger aux murs rouges de la rue de Dunkerque, l'attente se fait sempiternelle. Une bouteille de "À bouche que veux-tu" de Jean Christophe Comor se trouve déjà asséchée, tant nous avons besoin rondeur, de caresses et de fruit pour braver cet hiver incurable.

 Je trépigne. Les deux autres aussi, et les gargouillements râlent dans nos ventres. Enfin! Gabrielle. Elle franchit la porte, rayonnante. Et toutes, les doigts croisés derrière le dos et un sourire idiot collé sur le visage, nous espérons. "Pourvu que ce ne soit pas le roi des abrutis…" Effectivement, le roi des abrutis et sa cour, nous les connaissons et aucune n’est encline à réitérer l expérience... Dieu nous entende!

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Puis, il entre, l'air inquiet mais conquérant.

L'une dit "oh!", l'autre dit "ah!" et la dernière dit "Aioua!"*. C'est fou comme il ressemble à Sacha, le voisin d'en face, fantasme de notre enfance, quand nous avions des barrettes dans les cheveux et des sandalettes rouges au pied.

 Oscar : +20 points d'entrée de jeu. Nous autres : -30 points de niaiserie. 

 Heureusement, un magnum de Saint-Chinian du Domaine de Navarre vient d'atterrir sur la table. Oscar s'empresse. Oscar s'écrit "il est fort ce Thierry"**. Oscar est parfait. C'est dommage, il est déjà pris. 

 Les conversations vont bon train. Oscar est drôle.  Les petits plats mijotés de Seb, le gérant, arrivent, délicieux, fumants avec leur purée à la muscade. Oscar est gourmand. Le vin, prégnant et dense nous renveloppe avec ses arômes de fruits mûrs presque confiturés, ses notes d’épices et ses tanins veloutés. Oscar est œnophile. 

 Je suis un peu perdue... Mon œil se fige sur l'étagère chargée d’une belle collection de whisky. Pourquoi ne pas repartir avec une bouteille de Great King Street*** pour débriefer à la maison? Car l'heure est grave : j'ai un coup de cœur son Jules. 

Le vin au vert

70 rue de Dunkerque - 75009 Paris

01 83 56 46 93

*L’équivalent de « Oulala » en arabe

**Thierry Navarre, le vigneron

***Un Blended Scotch Whisky de chez Compass Box, ou quand John Glaser réinvente les assemblages

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01 avril 2012

Effervescence ligérienne

Avez vous déjà connu un désir si impétueux qu’il en est impossible de rester impassible ? Pour être plus explicite, ces impulsions qui mêlent gourmandise charnelle et exclusivité possessive, ces élans vers l’acte d amour, cette très commune envie de .... Hum comment dire… Vous voyez bien... Je ne voudrais pas être trop explicite non plus. 

En tout cas, il paraît que ça rend fou.

C’est le cas du petit couple dans la rue devant moi qui s’embrasse fougueusement, guettant avidement la porte cochère qui s’ouvrirait pour s’y engouffrer et trouver une cour sombre et crapuleuse. Le cas de ces jeunes enamourés qui scrutent les buissons du jardin du Luxembourg, un beau dimanche ensoleillée où l’aménité de l’air est caressante et la verdure accueillante... Il y en a même qui serait prêt à se donner délibérément dans les commodités du premier café pour satisfaire cette envie intensément bestiale. A se demander pourquoi l’on s’insurge quand l’homme est décrit comme un animal

Et puis, il y a les gros malins ou les petits futés, ceux qui ont creusé des grottes et des caves obscures, pour parer à toute éventualité. Rien de tel qu’une grotte troglodyte où l’humidité  et le Vouvray, chacun intrinsèquement enivrant, prédominent. C’est le cas des caves du domaine Bourillon Dorléans, superbes, fraiches, étonnantes. Au mur, des poitrines dénudées en bas relief s’exhibent, sur les tables, des étiquettes de bouteilles parfument, dans les couloirs, des sculptures d’Audiard s’exposent.

Mais pourquoi ?  Car si une dégustation réussie nécessite de faire appel à ses sens, notamment l’odorat et le goût, pourquoi ne pas étendre l’expérience à la vue et au toucher ?

photo-1

Fraîcheur vespérale, humidité pénétrante, effervescence ligérienne, tout est réuni pour une soirée hors du temps. Le fin cordon de bulles du Vouvray Bourillon, son nez minéral, fruité et sa bouche souple, tendre échauffent doucement les esprits. S’en suivent des bouteilles de Chinon, Sancerre et autres appellations incontournables, où tour à tour, le Cabernet Franc, le Chenin et le Sauvignon batifolent. 

Mais qui osera parcourir le kilomètre qui rapproche de l’obscurité ? Braver les ombres dansantes des chandelles qui brûlent ? Personne peut-être… ou bien sans doute lui ? ou elle ? ou vous, la prochaine fois que vous ferez une expédition dans la Loire ?

 

Domaine Bourillon

30 bis rue de Vaufoynard

37210 Rochecorbon

06 07 08 06 06

 

NB: A ma connaissance, personne n’a tenté l’expérience… Si vous osez, envoyez moi un billet. Avis aux vinocampeurs ! (http://vinocamp.fr) 

Mon coup de coeur du Vinocamp : Le Touraine AOC méthode traditionnelle du Domaine de l'Aulée. Un 100% Chenin, tendre et caressant, sur le fruit et la rondeur. Une douce effervescence qui donne envie... de faire des câlins ?

 Autrement, si vous souhaitez découvrir de superbes caves parisiennes, rendez-vous au Chemin des Vignes, art, vin et découvertes au rendez vous. Ca vaut le détour.

Chemin des Vignes

113 bis Avenue de Verdun


92130 Issy les Moulineaux

01 46 38 11 66 

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13 mars 2012

Moravian wines : Tchèque !

Je ne sais pas si comme moi, vous avez un nombre incalculable de « TO DO  list», d’ardoise en papier et de pense-bêtes cornés.

Il y a  la « TO DO» du bureau, le digital « pense-bête » de l’iPhone, la « TO DO» perso, le post-it des bricoles à faire en urgence sur la « TO DO » de bureau, le post-it des « inoubliables » sur la  « TO DO» perso, et l’ardoise mentale qui s’efface et se réécrit à façon.

Il y aurait presque une TO DO des TO DO, ce feuillet imposant en haut de la pile qui rend fou et qui nous pousserait presque, dans un geste intransigeant et salvateur, à déchirer hargneusement ce monceau de papiers bariolés de stabilo et empêtrés de pattes de mouche pour en faire un autodafé.

 Je suis une femme certes. Je porte une affection toute particulière aux stylos de couleurs, aux papiers exotiques et aux post-it dentellés. Aussi, je n’ose quitter mon carnet Moleskine sur lequel je me penche discrètement pour griffonner la moindre futile voire infertile pensée. Mais contrairement aux apparences, chacune de nos petites réflexions a son importance.

Entre un rendez-vous de coiffeur, une photocopie à faire pour la sécu et un carnet d‘chèque qui se morfond à la banque depuis des mois, j’avais glissé dans ma « TO DO mentale », celle qui s’efface et se réécrit sans fin, une série de noms improbables, désignant des vins  étrangers que je ne gouterais peut-être jamais.

TO_DO

 La ligne s’était sans doute inconsciemment ajoutée sur le pont Charles, à Prague, lorsque l’air de la Vtlava me creusait l’appétit et que j’attendais avec impatience que l’horloge astronomique m’annonce l’heure du dîner. Surtout ne pas mourir idiot et si possible, pas affamé non plus, alors, entre deux bouchées d’un plat équivoque, où une tranche de bœuf fait office de pâte feuilletée comprenant des œufs et de la saucisse, nos verres de Moravie se vidaient.

Ne me demandez pas trop de précisions sur le vin moravien*, car je ne me souviens aucunement de si c’était un Kabinetní víno ou un Výběr z hroznů, ni si le cépage prédominant était le Svatovavřinecké, le Frankovka, le Modrý Portugal ou bien un mélange des trois. J’étais bien trop occupée… à autre chose ! **

 

Je me rappelle néanmoins que le vin était gourmand et velouté, profondément étonnant car à la fois, caressant et fruité, rehaussé par une fraicheur inattendue.

La bouteille enfin terminée, j’ai pu fièrement procéder à l’officialisation. Dans un bruit fuselé, celui du stylo qui trébuche sur le papier, se dessine une croix qui, ose dire : Moravian wines, check! Je dépose, incrédule, le stylo aux côtés du précieux document avant de le rattraper et d’ajouter entre deux parenthèses courbées : « Et en plus… c’était bon ! »

Et oui, les vins Tchèques donnent des envies de Bohême*** et sont une jolie invitation à rayer de toutes nos TO DO, les encombrantes lignes pour ne garder que les « Check » qui font voyager.

 

* Vinařská oblast Morava

** Est-ce bien important de savoir à quoi ?

***La Bohême est l’autre région viticole de la République Tchèque

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26 février 2012

Casanova, qui es-tu?

Regardez bien autour de vous : il n’y pas une de vos amies qui ne soient tombées sur un tortionnaire de cœur, un catcheur des sentiments ou un guillotineur d’émotions. Naturellement, les questions s’amoncellent dans votre esprit, dont une qui prend tout particulièrement le pas sur les autres… Enonçons-la, sentencieusement si possible, car il paraît que c’est l’attitude à adopter pour paraître crédible. Il n’y a qu’à voir les candidats à la présidentielle. 

« Mesdames, Messieurs… je vous pose la question :

Casanova s’est-il réincarné ? Cloné ? Dédoublé ? ou pire encore… Reproduit ?  La réponse est OUI, les faits sont LA. »

Petit tour d’horizon des camarades au cœur brisé : Elle, il ne l’a jamais rappelé. Elle, il part aux îles Galapagos avec sa meilleure amie. Elle, il ne s’est toujours pas décidé à quitter sa femme. Quant à elle, il n’a pas daigné tourner la tête pour la regarder avant de claquer la porte de l’appartement à tout jamais… La peur de la solitude, du froid, du torticolis ? Non, je miserais volontiers sur le syndrome « Casanova ».

Accordons-nous pour dire qu’une question d’une telle envergure nécessite d’aller de discussions en digressions et retourner le problème dans tous les sens pour essayer de comprendre les causes d’une telle épidémie de Casanovisme.

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Mieux vaut faire fructifier notre pensée dans un agréable bistrot, tenu par deux jeunes et jolies femmes, où l’ambiance cosie et la déco boisée nourrirra notre réflexion.

Première étape, exorcisons. Elle plante nonchalamment son tire-bouchon dans le liège qui enferme ce vin produit en Languedoc. Elle le tortille et l’entortille avant de l’extirper avec poigne et adresse. Le liquide, dense et grenat, affublé du même patronyme que notre ennemi du jour, sera notre poupée vaudou. Casanova, nous t’aurons !

Il faut dire qu’au rythme où l’on dévore notre joue de bœuf accompagnée, de sa purée de patate douce, le Casanova du Mas de Martin tarit à vue d’oeil. Il y a de la matière, une palette aromatique étonnante (fruits frais, épices…), le vin est caressant, et, une fois de plus, il nous fait tressaillir de  gourmandise.

Les théories sur le Casanovisme vont bon train, chacun y allant de sa petite hypothèse sur la capillarité des vaisseaux du cerveau masculin, que manifestement, nous ne saisissons pas.

Alors, pour finir, « j’espère que vous n’avez rien compris. Mais vous, c’est parce que vous avez compris que vous n’avez rien compris  que vous allez gagner beaucoup ! »* Oui ! Vous allez arrêter de chercher l’antidote, arrêter de vouloir percer à jour Casanova Jr, Casanova 2.0, DoubleCasanova, et tous les autres. Avouez-que vous n’avez rien compris et contentez-vous de boire des verres au Verbois pour réinventer Casanova.

 

Le Verbois

38, rue du Vertbois - 75003 P&ris
01 42 71 66 95
 
 
* Chales Denner alias Simon Duroc dans L'Aventure c'est l'aventure

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31 janvier 2012

Janvier, J'enrage

Le créateur n’est finalement pas un exemple de perfection.  Vous remarquerez qu’Il a commis un nombre non négligeable d’erreurs, lesquelles, comparées aux nôtres, pèsent sur le moral d’environ 6 milliards de personnes. Difficile alors de Lui accorder un pardon inconditionnel.

Cette légère rancune s’explique aisément. Premièrement, Il a divulgué la rumeur que la femme sortait de la côte de son homologue masculin. Bien qu’Il nous ait fallu des millénaires pour nous sortir de cette infâme misogynie (si nous en sommes vraiment sorties) je veux bien Le disculper car Il ne savait sans doute pas ce qu’Il faisait. Il a osé nous faire croire que le 7ème jour était une grâce, mais le lundi n’en est que plus terrible et Il a créé le matin qui reste une croix à porter chaque jour… J’en passe, j’enrage, mais le pire reste encore le mois de janvier.

Oui. En janvier,  j’enrage. Pas un sou en poche pour s’offrir une belle quille, un millésime de rosé en déperdition, plus de fraîcheur, plus de gourmandise et pas encore de remplaçant,  pas un grain de raisin rond et joufflu à l’horizon,  seul un froid polaire qui vous contraint à rester vissé chez vous, sans pouvoir mettre le pied chez votre caviste favori.

Que faire ? Dévaliser la cave de son grand-père et rester sous la couette avec l’élu de son cœur en sirotant des flacons rarissimes ? Mais quand on a pas de grand-père œnophile, pas d’amoureux dans son lit, et juste les reliquats d’une télé de bières dans son frigo, il faut se trouver une consolation…  qui risque fort de se matérialiser dans le tableau suivant : se concentrer sur de doux souvenirs de dégustation et regarder, insatiable, tous les derniers blogbusters où Ryan Gosling pose en tête d’affiche. Il paraît qu’à force d’y croire, cela finit par arriver… C’est bien à cela que sert la foi.

calendrier janvier

Le premier vin à rêver alors… un antidote à nos souffrance, ou plutôt L’Antidote. Un vin dans lequel il y a énormément de raisin, l’apanage classique des vins dits natures me direz-vous. Celui-ci rend hommage à merveille aux Vieilles Vignes de Carignan  du domaine des Terres Promises (Restons dans le thème des écritures, peut-être finira-t-Il par nous entendre) qui apportent fruit, souplesse et élégante charpente à ce Vin de Pays de Sainte-Baume.

Déjà, Ryan Gosling est encore plus beau et votre lit semble moins vide.

Le deuxième vin à rêver ? Ciel Liquide de Jean-Philippe Padié. Pourquoi ? Pour la poésie du nom, la gourmandise du vin et le travail des vieux Carignan* qui apportent eux aussi une authenticité à laquelle nous n’osons plus croire parfois.

Déjà, le mois de janvier semble toucher à sa fin.

Le Divin aurait-il tout fait de travers ? Sans doute pas. Nous voudrions lui reprocher la guerre, le mal… la politique, mais l’Agneau n’avait pas une vocation de bouc-emissaire.

Mais le créateur finalement pense à tout, il a apporté l’antidote aux ciels liquides du mois de janvier… Du bon vin et beaucoup d’amour (ou de rêves d’amour) ! Alléluia !

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26 décembre 2011

Pamela Diplomatico

Comme elle prude, comme elle est conventionnelle… Candide, fausse ingénue libertine… C’est insensé comme elle me fatigue.

Oups… Toutes mes excuses, je me présente. Je suis Pamela. Je suis pulpeuse aux lèvres sulfureuses. J’ai les cheveux en bataille, une mouche qui fait mouche sur le bas de la joue, les lolos et le popo rebondi de Pamela Popo.

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En réalité, je suis le Ça de Paloma. Je joue avec la dualité de sa personnalité. Je me ris de sa feinte coquetterie. Je transgresse ses propres règles.  J’ose et je dispose…  En un mot, je m’amuse follement.

J’ai profité de cette soirée calme, aux allures de dîner bien rangé pour faire mon apparition. Dans un lieu à la déco très rococo, à l’abri d’une bibliothèque bien garnie, je me réjouis de la voir, sagement cachée derrière ses grandes lunettes, déguster avec parcimonie, ses ravioles de champignon bien charnues.

Elle boit les paroles de celui qui lui dit, qu’il se verrait changer le monde si seulement demain lui en laissait le temps. Elle rêve de cette douce utopie, et ils dessinent à eux deux un monde qui n’existe pas.

Elle trempe alors ses lèvres dans un Grand Puy Lacoste 2001, et je profite sans hésiter de cette pulsion, violemment provoquée par les arômes corsés, notes torréfiées et ensemble équilibré du Pauillac, pour m’échapper sans scrupule de cette carcasse étriquée.

 Il faut que la transformation se fasse avec subtilité, ne rien laisser transparaitre. J’ôte d’abord ces bésicles qui m’empêchent de battre des cils avec sensualité. Je déboutonne le col de ce chemisier qui me serre, pour laisser deviner la naissance de la poitrine. Je m’empreigne de l’endroit et du personnage qui me fait face, en sirotant religieusement le cru qui emplit mon verre.

Mais… lorsque il est temps de songer au digestif, j’enlève d’un coup sec les épingles qui retiennent ma chevelure puis j’y plonge sauvagement mes mains avant de les laisser glisser sensuellement le long ma nuque… avant d’ajouter : « pour moi, ce sera un Ron Diplomatico s’il vous plait ».

Moelleux, fruité, caramélisé, je me laisse enivrer par son boisé, et ses épices presque aphrodisiaques. Le Rhum me rend folle. D’une gorgée, j’expédie le Surmoi aux antipodes. Je suis revigorée, l’endroit prend toute sa dimension Gainsbarre… Ce verre ne sera qu’un prélude. Etes-vous prêts pour une soirée mémorable ?

 

Pamela Popo

15 rue François Miron – 75004 Paris

01 42 74 14 65

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05 décembre 2011

Un trait de sauge

« Nous sommes tous des ratés du rêve ». Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Romain Gary, et d’ailleurs, je le trouve incisivement abrupte sur ce coup-là. Peut-être avons-nous des rêves que ne sont que trop irréalisables. Des rêves d’immensité, inatteignables. Peut-être…

Alors, rêvons donc avec raison pour lui donner tort. Rêvons de faisabilité et de concret. Pour moi, c’est simple, je rêve d’aller chez Frenchie. C’est idiot, car c’est tout juste à quelques rues de chez moi et il m’a fallu attendre cette amie aux pulls toujours bariolés et excentriques, pour franchir le seuil de l’endroit rêvé et réserver cette table utopique. Utopique... J’exagère. Néanmoins, il faut imaginer pouvoir s’armer de patience car deux mois devront s’écouler avant le dit rendez-vous.

Soixante nuits ont vu le jour et me voilà en train de me préparer. Un trait d’eye-liner, un trait d’humour et, intraitablement apprêtée, je file retrouver mes trois amies. J’ai le ventre creux, j’ai même refusé le tout petit chocolat qui accompagne le café du déjeuner. C’est pour dire comme ces semaines ont été longues et comme la préparation est primordiale.

sauge

Avec les filles nous planons. Le menu est tout aussi canonique que le type de la table d’à côté. Le rêve. Truite marinée ou ravioles d'escargot ? Noix de Saint-Jacques au chorizo ou agneau aux lentilles ? Tarte au chocolat et au lard ou panacotta à la sauge ? Grégory Marchand se surpasse, nous le guettons du coin de l’œil à travers la petite lucarne de la cuisine.

Indécises que nous sommes ! Que choisir ? Le serveur nous guide. Lui, il sait. Tous les plats sont habilement distribués sur la table car il n’est pas question de manquer une découverte culinaire.
Quant au vin, nous commençons par un Cheverny d'Hervé Villemade, pour continuer sur un Saumur de Thierry Germain. Le premier, nature, fruité et croquant nous caresse vivement l’intérieur des joues. Le second profond, sur les fruits blancs presque exotiques est d’une longueur hallucinante. C’est insensé comme la Loire, minérale, nous fusille.

Cependant, il s’agit plus de vernis que Cheverny dans nos futiles discussions et nos encombrants éclats de rire donnent finalement un air aérien à l’endroit, dans lequel on se sent étroitement bien. Les verres s’enchaînent et je vois la fille qui partage le dîner du type canonique s’éclipser. Cela donne des idées pressantes à ma voisine. Je me décale alors, aérodynamique sur la banquette, pour la laisser passer. Cet amusant jeu de chaises musicales me place par hasard en face de ce grand blond aux yeux bleus qui me jette à la figure sa classe folle. Si nous avions ouvert une troisième bouteille, je lui aurais sans doute effleuré la jambe du bout de mon pied… mais, le rêve s’arrête, la fille revient, il baisse les yeux et moi, je regagne ma place.

Je me retrouve ainsi nez à nez avec une panacotta à la sauge. Etonnante, subtile… Puis, le chef sort de son antre, nous le alpaguons, chacune y allant de son petit commentaire. « L’agneau était divin…. cette  chips de chorizo… que dire de ces ravioles si ce n’est que c’était merveilleux… »  Le tout clôturé par la fille aux pulls bariolés qui précise avec un air médical : « pour la panacotta, si cela ne tenait qu’à moi, j’aurais ajouté un trait de sauge … ».  Je pouffe.  Le type des chaises musicales aussi. Je repouffe. Le  type des chaises musicales aussi… mais pas sa compagne.

Alors, Gary avait-il raison ? Il ne faut pas rêver, le chef ne rajoutera pas un trait de sauge dans sa panacotta et le type d’à côté ne partira pas avec moi …  Mais cette soirée mémorable ?  Concrète, elle est faisable, il nous faudra simplement attendre plus d’un millier d’heures pour la rêver à nouveau.


Frenchie

5, rue du Nil  75002 Paris
01 40 39 96 19

 

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27 novembre 2011

Echasses et Echezeaux

« Pas de nouvelle, bonne nouvelle » : Optimisme.

« Pas de nouvelle… pas de nouvelle » : Pragmatisme.

Et, dans certaines histoires, le pragmatisme est bien plus à propos, à mon grand dam.

J’étais certaine qu’il appellerait. Les yeux brillants, les mains prêtent à bondir sur mon téléphone. J’étais certaine qu’il enverrait ne serait-ce qu’un texto ridiculement bref. Mais rien. Le néant. Mon optimisme biaisé me dicte de rassurantes réponses : il n’a pas écrit parce qu’il n’avait pas le temps, il n’a pas écrit parce qu’il était trop intimidé… ou bien… il n’a pas écrit car il était dans l’avion, car son portable n’avait plus de batterie, parce qu’on lui a volé mon numéro, parce qu’il s’est fait enlever par une tribu de nains révolutionnaires

Quoi ? On ne sait jamais ? Mais le temps est venu d’arrêter de lui trouver des excuses saugrenues et d’ouvrir mes yeux d’aveugle énamourée : il n’a pas écrit parce qu’il n’avait pas envie. « Pas de nouvelle… pas de nouvelle ». Un point c’est tout.

Cette évidence a un goût amer. Je rumine. Et ruminer ne met personne à son avantage car prendre un air bovin n’a jamais fait revenir un homme. Je change donc de perspective pour retrouver le sourire. Je fais fi de cet homme-là ! Il peut bien se dépatouiller tranquillement avec ses nains et son portable déchargé, ce soir je vais au gala des sommeliers.*

Je sens que je vais tomber dans une démesure scintillante…  J’enfile ma robe, que j’épingle habilement pour la cintrer légèrement, je sors religieusement, presque comme si j’avais affaire au Saint Sacrement, ma (seule et unique) paire de Jimmy Choo. Après l'avoir longuement observée, je faufile enfin mes pieds dans ces magnifiques échasses.

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Je suis maintenant suffisamment chic, et suffisamment grande pour me présenter chez Frédéric Anton, au Pré Catelan, et commencer à rêver… L’entrée en matière se fait avec une dégustation des cuvées Blanc de Blancs des plus grandes maisons de Champagne où Delamotte, Ruinart et Billecart tirent leur épingle du jeu.

Ensuite, tout devient féérique. Les prouesses de Frédéric nous bluffent. Coquilles Saint-Jacques grillées, petit oignon nouveau, raviole de homard, caviar, jarret de veau, fromages affinées. De la finesse à chaque bouchée ! Je me dandine discrètement sur ma chaise… peut-être n’aurais-je pas dû cintrer autant ma robe.

Les bouteilles se suivent, toutes plus subliment les unes que les autres, d’un saké au riz ultra poli, en passant par les joyaux des maisons Mann en Alsace, Perrin à Châteauneuf et j’en passe, tout n’est que merveille.

L’avantage d’être à un gala de sommeliers, c’est que l’on a tout intérêt à observer et écouter, personne ne vous demande d’avoir l’air de vous y connaître. Il s’agit d’acquiescer avec grâce lorsque Olivier Poussier vous présente le vin japonais (et oui !) qui va vous être servi. Un exercice difficile, lorsque la sadique épingle qui cintre votre robe s’amuse à vous piquer le haut des reins.

Puis, chacun retient son souffle. Les serveurs voguent entre les tables, avec au bout de leur bras une bouteille d’Echezaux 2000 du Domaine de la Romanée-Conti. A cet instant je me dis que je suis vraiment très bien dans mes pompes. Mon visage survole le verre pour y attraper les senteurs qui se dégagent. J’ose à peine tremper mes lèvres dans le sublime Pinot Noir… Et si cela ne me faisait rien ?  

Mes craintes sont vite balayées, je me délecte en découvrant ce rare joyau... Ca ne se raconte pas... Ainsi, j’oublie l’homme aux nains révoltés… certes, pas de nouvelle, pas de nouvelle…  mais à belles échasses, bel Echezeaux.

Pré Catelan 

Route Suresnes
Bois de Boulogne - 75016 Paris
01 44 14 41 14


* Cette histoire est racontée à posteriori, le gala ayant eu lieu le 9 octobre.

 

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09 novembre 2011

Un ami qui ne vous veut (pas) que du bien

«  Il y a ce type… Je ne sais pas comment dire… Il est … Il est… Il est canon. Mais, sincèrement, je n’ose pas. A coup sûr, il ne lèvera même pas les yeux sur moi. Alors déjà qu’il pleut, que mon évier fuit et que je n’ai plus un rond… Je vais m’épargner cette humiliation, ce petit choc à l’amour propre qui finirait de m’achever. Tu comprends ? »

Règle de base : Ne jamais, au grand jamais, faire part de vos états d’âme à un ami. Encore moins si ce dernier a gagné la médaille d’or de filouterie et surtout pas quand vous êtes installés autour d’une bouteille de (mauvaise) vodka.

Les verres à shot s’empilent, ma raison se trouble et il me semble que l’atmosphère devient kafkaïenne… Je fixe avec incrédulité mon compère et, au rythme du niveau de la bouteille qui dégringole,  des cornes lui poussent, une longue queue fourchue lui apparait… Il se revêt de rouge, ses yeux s’enflamment… Satan est en face de moi. En un clin d’œil, il se jette sur mon épaule et me susurre à l’oreille… « Ecriiis-luii…. Ecriiiss-luiiiii »  avec une voix d’outre-tombe. Comme possédés, mes doigts parcourent follement le clavier de mon téléphone, et le message, hallucinant d’imbécilité, m’échappe et s’envole…

diable

Le lendemain, devant ma mine dépitée, gueule blafarde et teint de bois, c’est le même ami qui me propose de le suivre à son dîner de copains pour oublier mes tristes mésaventures. Je me dis que normalement, un ami ne vous veut que du bien, alors, sereine, je lui emboîte le pas.

Règle de base : Ne jamais, au grand jamais, suivre un ami à un dîner. Encore moins si ce dernier a, semble-t-il, la sensation d’avoir gagné la super cagnotte du loto et surtout pas quand vous êtes épouvantablement fauchée.

Les nappes sont d’une blancheur immaculée, les verres d’une transparence cristalline et, l’espace d’un instant, je sentirais presque une vague de bien-être me parcourir entre deux éclats de rire partagés. Mais, tout à coup, mon sang ne fait qu’un tour. Je regarde mon cher ami qui parcourt avec intérêt l’immense carte des vins qu’il a entre les mains. Au fur et à mesure que les pages glissent entre ses doigts, des cornes lui poussent, une longue queue fourchue lui apparait… Et vous imaginez la suite.

Démoniaque, il fait défiler avec frénésie les bouteilles sur la table comme si la carte des vins, écritures sataniques, le lui avait dicté.  Je vois alors la silhouette amaigrie de mon portefeuille me faire de grands gestes désespérés. Accablé, il me hurle de toutes ses forces que cet ami veut ma perte !

Mais, quand je réalise que m’apprête à déguster un Saumur Champigny du Clos Rougeard, le domaine mythique de la vallée de la Loire qui vous réconcilie avec le Cabernet Franc, je me dis que finalement non, il ne me veut pas QUE du mal. Et quand je vois que la bouteille qui suit n’est autre que la cuvée Jadis de Léon Barral, ce Faugères incroyablement équilibré, gourmand et d’une grande élégance, je me dis qu’en fin de compte, il ne me veut pas de mal du tout. Les rognons, frétillant dans mon assiette, acquiescent et applaudissent. 

A la fin du dîner, je tourne définitivement le dos à mon portefeuille, je sirote un verre de Rivesaltes Ambré 2002 du Domaine des Chênes, puis… je sens une vibration dans ma poche… Incroyable ! Le type canon m’a répondu ! Je jette un regard complice à mon diablotin. En fin de compte, heureusement que vos amis ne vous veulent (pas) que du bien.

 

Le Villaret

13 Rue Ternaux 75011 Paris - 01 43 57 89 76

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