WINE IN PARIS

Pour tous les amoureux du vin qui sont sans cesse à la recherche de bonnes adresses pour remplir leur verre et partager leur passion

19 juillet 2011

Tu veux ma photo?

On rêve tous d’avoir un ami photographe, comme on rêve toutes d’avoir une copine qui bosse chez Vuitton (pour les ventes privées) ou un amoureux pilote d’avion (parce que c’est très sexy). C’est ainsi. On n’y peut rien.

Mais le photographe a un talent tout particulier auquel on ne pense jamais assez. Il sait « sublimer ». Même si vous avez l’habitude d’être affreuse sur tous les clichés, lui réussit toujours à faire quelque chose de votre sourire figé ou de votre moue crispée. Ok, cela peut être parfois un peu conceptuel (des fondus, des flous, des collages) et peu ressemblant (l’astuce justement ?), mais cela donne l’illusion que oui, pour une fois, votre frimousse est plutôt à son avantage et le rendu est enfin flatteur.

Cependant, il peut arriver que votre ami photographe, s’il n’est pas ascétique, vous demande de lui organiser un diner qui réponde à son objectif « plaisir », sous un angle de vue « à la parisienne ». Dans ce cas, il semble judicieux de le diriger vers Le Vieux Comptoir, à deux pas de la place du Châtelet.

Metropolis

Crédit photo : Guillaume Alexande F

The whole picture ? Un beau bistrot parisien, où les grandes ardoises manuscrites se dressent le long des murs, les caisses de vin s’empilent sur le sol et les fourchettes crissent dans les assiettes. Dans ce brouhaha heureux, où l’on vous sert le sourire aux lèvres, nous commençons en douceur avec un verre de Chorey-les-Beaune de chez Arnoux, un authentique Pinot Noir, simple et délicat.

Et pour la suite ? La carte des vins est affreusement tentante et le menu est si am, stram, gram que l’on ne sait que choisir. Après avoir joué brillamment le dernier acte d’une tragédie cornélienne, je jette mon dévolu sur une mozzarella Buffala à tomber, onctueuse et dodue, servie avec une nuée de tomates cerises. Je ne peux non plus résister à la côte de veau de lait, adorable, accompagnée de sa poellée de girolles et de sa purée maison.  Un délice !

Pas d’inquiétude à avoir cependant. Ici, on reviendrait plutôt treize fois qu’une pour tout goûter. Treize ? Pour la superstition ? Pour la BD ? Pour le trèfle? Et bien non, treize pour les treize cépages de l’appellation Châteauneuf-du-Pape que nous décidons de (re)découvrir. L’initiation commence par une bouteille du Clos de l’Oratoire des Papes : l’étiquette est belle, (primordial pour un photographe) et la maison connue et reconnue. On y retrouve la folie d’un assemblage explosif, le fruit, les épices et l’élégance d’un grand vin du Rhône.  La prochaine fois, on goûtera celui d’un petit vigneron pour continuer notre éducation.

Les minutes coulent, la bouteille est aride et nous sommes seuls à piailler dans la salle désormais paisible. S’il faut partir, cela n’est pas une raison pour s’arrêter là. Un dernier verre s’impose. Mon sens de l’orientation défectueux ne nous mène pas à l’endroit initialement visé, et, perdus dans les dédales des rues parisiennes, nous atterrissons finalement au Fumoir. Comme quoi, le hasard fait parfois bien les choses, voilà un repère de choix pour un dernier cocktail !

Le photographe s’éclipse un instant et je me retrouve seule sur mon tabouret haut à scruter la carte, quand j’entends : « Un dernier métro pour la demoiselle … ». La voix douteuse, perfide ou avinée, je ne saurais trop dire, me glace le sang. Sur mes gardes, j’imagine instinctivement une proposition malhonnête. Je prends alors un air dédaigneux (ou du moins j’essaye) pour regarder avec insistance celui qui m'apostrophe : « Tu veux ma photo ? ». A son regard interloqué, je comprends que j’ai mal interprété son propos. Lorsque le serveur dépose devant mes yeux étonnés un joli cocktail rouge framboise et annonce avec un rictus amusé : « votre Dernier Métro mademoiselle », je suis littéralement mortifiée !

Heureusement, j’ai un ami photographe qui a toujours le bon réflexe, et déclenche son flash pour immortaliser de son objectif cette minute d’intense humiliation. Lui, il l’a maintenant la photo…

 

 Le Vieux Comptoir

17 rue des Lavandières Sainte-Opportune – 75 001 Paris

 01 45 08 53 08

Le Fumoir

6 rue de l'Amiral Coligny – 75 001 Paris

01 42 92 00 24

Sans titre-1 copie

Et le fameux photographe??

http://cargocollective.com/guillaume-alexandre-f

 

 

Posté par WINEinPARIS à 13:33 - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires

    Et nous on peut la voir cette photo ????

    Posté par Nicolasdeparis, 22 juillet 2011 à 00:16

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