WINE IN PARIS

Pour tous les amoureux du vin qui sont sans cesse à la recherche de bonnes adresses pour remplir leur verre et partager leur passion

07 avril 2010

Il est né le Divin Enfant

« Il est né le Divin Enfant », voilà une citation tout à fait anachronique. En effet, dimanche dernier était un jour bien plus propice à la recherche acharnée de petits œufs en chocolat qu’au déballage émerveillé de nombreux cadeaux de Noël, mais laissez-moi vous expliquer l’idée sous-jacente à ce titre… 

N’avez-vous jamais entendu cette expression « Il attend cela comme le Messie » ? Et bien il me semble que nous sommes en effet perpétuellement en train d’attendre quelque chose avec autant de ferveur. En période de grande fatigue, nous attendons de nous glisser dans notre lit douillet ; lorsque nous sommes sujets à une passion dévorante, nous rêvons impatiemment au retour de notre bien-aimé et lorsque le chômage nous emprisonne, nous trépignons en espérant de griffonner un jour enfin une petite signature sur un joli contrat. En d’autres termes, chacun de nous a « son propre messie », et, cette année, pour Bordeaux, peut-être s’agissait-il de l’avènement de ce merveilleux millésime 2009. 

C’est pourquoi, tel un Roi Mage, je suis allée à sa rencontre, non pas avec la myrrhe, l’or et l’encens, mais avec des papilles au garde à vous, prêtes à endurer la dégustation d’une bonne centaine de vins en Primeurs*, tâche des plus laborieuses ! Accueillie par un temps de fin du monde, du vent, de la pluie, du froid, je ne me suis pas laissée désarmer. Avec un co-pilote de choix, nous avons arpenté le Médoc puis la rive droite pour découvrir les surprises réservées par ce millésime tant attendu.

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Les châteaux bordelais avaient ouvert grand leurs portes pour accueillir dans les meilleures conditions négociants, courtiers, importateurs, journalistes mais aussi quelques électrons libres passionnés. Après avoir fait virevolter nos verres, respiré consciencieusement les arômes et redécoré savamment les crachoirs, nous n’étions plus vraiment présentables avec nos cheveux mouillés par la pluie, nos lèvres et nos dents violettes à faire peur, mais nous avions emmagasiné toutes sortes d’informations.

Les bruits de couloir disent que les cabernets de la rive gauche sont excellents et expressifs et nous réservent des  merveilles pour l’avenir. Nous avons eu un crush tout particulier pour les Châteaux Lynch Bages et Beychevelles qui ont su, malgré le travail du vin encore inachevé, nous faire voyager. Dans le vignoble de Margaux, je me suis précipité pour faire la connaissance du Château Brane-Cantenac, un de mes favoris, qui je dois dire, ne m’a pas déçue ! La fin de la journée s’est soldée par la dégustation des Sauternes. Cette année, les raisins ont été gorgés de soleil et le sucre est au rendez-vous. Etant une inconditionnelle de ce vin aux reflets dorés, cela a été un vrai plaisir de tous les découvrir, mais, je m’incline devant le Château Nairac, qui je l’avoue, a su me transporter.

Le lendemain, après avoir fait un tour par Pessac Léognan où nous avons pu apprécier et savourer le blanc du Château Smith Haut Lafitte, entre autres très belles réussites, nous avons filé direction la rive droite. Certains décrètent que le résultat est plus hétérogène de ce côté de la Garonne, mais nous, nous avons trouvé que dans l’ensemble, les vins étaient élégants et prometteurs. J’ai été fasciné par le Château Troplong Mondot mais aussi par Pavie Macquin et Beau-Séjour Bécot qui nous offrent des vins complexes où les tannins sont déjà raffinés et le fruit mis en valeur.

Trêve de rêveries, revenons à la réalité, avec mes dents rougies, quasiment assorties à mes chaussures violettes, je ressemble plus à Dracula qu’à Melchior, Gaspard ou Balthazar. Un millésime divin nous est envoyé mais quelle dommage que je ne puisse transformé l’eau en vin car je ne suis pas sûre qu’en remplaçant les symboliques présents par du plaqué or, de l’encens de chez Nature & Découvertes et de l’eau de Cologne Monoprix, je puisse réussir à m’offrir quelques caisses de ces incroyables bouteilles, qui d’ici quelques années n’aspireront qu’à être bues. Peut-être que maintenant, tout simplement, j’attends comme le messie de gagner au loto ! 

 *** 

*Definition Primeurs (dicodunet): L'achat en primeur consiste à acheter 2 ans à l'avance des grands crus qui sont conservés par les châteaux ou domaines jusqu'à leur libération. Les vins qui sont donc dégustés sont des échantillons car le vin n'est pas encore achevé et souvent les assemblages ne sont pas encore effectués. 

 

Posté par WINEinPARIS à 15:31 - Dégustations - Commentaires [0] - Permalien [#]
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